A la lumière du Coran
 
Accueilbienvenue*CalendrierGalerieFAQS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Entre foi et raison : débats théologiques

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Zen
Webmaster
Webmaster
avatar

Nombre de messages : 102
Date d'inscription : 16/05/2008

MessageSujet: Entre foi et raison : débats théologiques   11/17/2010, 21:44



Mes chers frères et soeurs que Dieu vous benisse

J'ouvre ce fil de discussion au sujet de la croyance musulmane et plus prescisément pour comprendre l'évolution des écoles de croyances qui sont apparut après la disparition du messager de Dieu

Ces écoles de croyances sont apparut pour différentes raisons liés à l'interprétation du Coran mais aussi des évènements politiques du moment ou pour parfois asseoir un pouvoir ou un règne

Il ne s'agit pas ,ici, de defendre telle ou telle école de croyance ou de dénigrement mais essentiellement de comprendre pourquoi il y a eu des oppositions des croyants dans ce domaine

Ainsi il sera plus simple de comprendre les divergences qui parfois naissent entre les croyants au sujet de la croyance musulmane


Le motazilisme

Etymologie

Le mot motazilisme (en arabe المعتزلة) tire son origine de la racine اعتزل signifiant « quitter », « abandonner», « déserter »

Origine

Le motazilisme est apparu au VIIIe siècle à Bassorah lorsque Wasil Ibn 'Atta' quitta les leçons de a-Hasan al-Basri à la suite d'une dispute théologique.

Ainsi, lui et ses partisans furent nommés motazilites, «ceux qui ont quitté». Par la suite, ils se nommèrent eux-mêmes Ahl al-'Adl wa al-Tawhid (Peuple de la justice et du monothéisme) d'après la théologie qu'ils adoptèrent.

La théologie motazilite se développa sur la logique et le rationalisme de la philosophie grecque et chercha à combiner les doctrines islamiques avec celle-ci, en montrant ainsi leur compatibilité.

À cette période, différentes questions étaient l'objet de débats parmi les théologiens musulmans, par exemple si le Coran est créé ou éternel, si le mal peut être créé par Dieu,la relation entre la prédestination et le libre arbitre, si les attributs de Dieu dans le Coran doivent être interprétés allégoriquement ou littéralement etsi ceux qui sont dans le péché auront une punition éternelle en enfer.

La même période voyait également se développer différentes hétérodoxies au sein de l'Islam, qui subissait également un certain nombre d'attaques athéistes, comme celles de l'apostat Ibn al-Rawindi.

La pensée motazilite fut développée dans ce contexte et avait pour but de résoudre ces problèmes.

Le motazilisme met l'accent sur cinq principes.

Le monothéisme (tahwid) : Dieu ne peut être conçu par l'esprit humain. Ainsi, ils affirment que les versets du Coran décrivant Dieu comme étant assis sur un trône sont allégoriques. Les motazilites affirment que le Coran ne peut pas être éternel, mais a été créé par Dieu, sinon l'unicité de celui-ci serait impossible. Ils poussèrent leur conception allégorique à l'extrême et nommèrent leurs opposants anthropomorphistes.

La justice divine (Adl) : devant le problème de l'existence du mal dans un monde où Dieu est omnipotent, ils mirent en avant le libre arbitre des êtres humains et présentèrent le mal comme étant généré par les erreurs des actes de ceux-ci. Dieu ne fait pas le mal et demande aux hommes de ne pas le faire non plus. Si les actes maléfiques d'un homme provenait de la volonté de Dieu, alors la notion de punition perdrait son sens car l'homme suivrait la volonté divine quels que soient ses actes.

Promesse et menace (al-Wa'd wa al-Wa'id) : ce principe regroupe les questions sur le dernier jour et le jour du jugement où Dieu récompensera, avec ce qu'il leur aura promis, ceux qui lui ont obéi et punira ceux qui ont désobei avec la damnation et les feux de l'enfer.

La position entre les deux extrêmes (al-manzla bayn al-manzilatayn) : ce principe indique une position médiane entre ceux qui prétendent que les pécheurs resteront éternellement en enfer et ceux qui prétendent que ceux-ci ne seront pas punis.

Réaliser le bien et ne pas commettre le mal (al-amr bil ma'ruf wa al-nahy 'an al munkar) : ce principe permet la rébellion contre l'autorité, si celle-ci est injuste, comme un moyen d'empêcher le mal.
Chacun de ces principes étaient différents de ceux prônés par les écoles théologiques de l'Islam de l'époque.

Développement historique


Après sa fondation au VIIIe siècle, le motazilisme devint la croyance officielle à la cour du califat abbasside au début du IXe siècle, après avoir été officiellement embrassé par le calife al-Ma'mun. Néanmoins il ne se répandit que parmi les cercles intellectuels et n'eut aucune assise dans les populations du califat.
Sous al-Ma'mun, une persécution (la Mihna) eut lieu entre 833 et 848 contre les érudits qui n'adhéraient pas au motazilisme. La Mihna forçait les non-adhérents à renoncer ouvertement à la doctrine affirmant que le Coran est éternel et d'accepter que celui-ci ait été créé. Le zèle des motazilistes est montré par la non-libération des prisonniers musulmans, aux mains des Byzantins, affirmant la non-création du Coran.
Peu après ce règne, l'école motaziliste perdit son assise auprès de la classe dirigeante et au XIIIe siècle, cette théologie avait disparu de l'Islam sunnite.

Héritages et conséquences du motazilisme

Bien que son rationalisme fût séduisant auprès des classes éduquées de l'époque, le motazilisme ne se répandit guère parmi les masses, probablement du fait de sa nature élitiste. Après son adoption par les dirigeants et face à la persécution qui s'ensuivit, son impopularité grandit dans le peuple.

Les motazilistes s'étaient intéressés au début aux attaques que subissait l'Islam de la part des non-musulmans ; ils devinrent rapidement obsédés par le débat avec les autres théologies et courants de pensée à l'intérieur de l'Islam lui-même.

En réponse au motazilisme, Abu al-Hasan al-Ash'ari, initialement un motaziliste lui-même, développa la méthodologie dite Kalam, basée sur la dialectique grecque et fonda ainsi l'école de pensée acharite. Par la suite, influencée par l'acharisme, l'école maturidite apparu et son fondateur écrivit plusieurs livres réfutant plusieurs des croyances motazilites.

Enfin, plusieurs courants chiites, en particulier les duodécimains, ont embrassé certaines des doctrines motazilites et les ont incorporées à leurs théologies.

Tentatives modernes

Quelques tentatives modernes pour rétablir ce courant de pensée, particulièrement dans le but de contrebalancer les mouvements traditionalistes salafiste et wahhabite. Cependant ces tentatives n'ont guère eu de succès.

Personnages célèbres

Ibrahim al-Nazzam
al-Jubba'i
Abu Huthail al-'Allaf
al-Qadi Abdul Jabbar
al-Jahiz écrivain et linguiste.
al-Mawardi juge et écrivain (sur la politique)
Ibn Abi al-Hadid poête qui rassembla les paroles de Ali Ibn Abi Talib
al-Zamakhshari, exégète du Coran


A suivre

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://itinerantversdieu.forumdediscussions.net
Gilles
modérateur
modérateur
avatar

Nombre de messages : 214
Date d'inscription : 27/07/2008

MessageSujet: Re: Entre foi et raison : débats théologiques   11/18/2010, 01:52

Salam Alleykum mon cher frère Zen,

En fait beaucoup croient que le musulman dès le début étaient soit sunnite ou chiite alors que beaucoup d'autres écoles (courants de pensées) ont existé, (le Kharidjisme, l'acharisme, le maturidisme, le Dhâhirisme ect...)

Et sur certains sujets force est de constater, en tous cas pour ma part qu'ils étaient plus dans le juste que le sunnisme d'aujourd'hui, prenons juste un exemple "le témoignage de la femme" en matière de talion, sanctions et de peines légales est rejeté par les quatre écoles sunnite alors que pour les Dhâhirites le témoignage de la femme est accepté en matière de talion, sanctions et de peines légales car le Saint-Coran ne fait pas de distinction de sexe pour établir la justice.
Dans toutes les écoles (courants de pensées) il y a du vrai mais aussi du faux, les représentants de ces écoles étaient faillible donc sujet à l'erreur et ce n'est qu'avec la réflexion ainsi que la méditation en cherchant la conformité de leurs dires avec la Parole Divine que l'on pourra s'approcher des parcelles de la vérité.

Dieu(swt) est le plus savant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zen
Webmaster
Webmaster
avatar

Nombre de messages : 102
Date d'inscription : 16/05/2008

MessageSujet: Re: Entre foi et raison : débats théologiques   11/18/2010, 02:31



Mon cher frère gilles

Oui tu as raison :l'homme est faillible et sujet a l'erreur

C'est pour cela qu'il faut se réferer a la guidance de Dieu plutot qu'a celle des hommes car en tout homme il y a une part d'erreur et de tenèbre

Il y a a boire et a manger et aucun n'a le monopole de la vérité alors encore moins celui de la guidance

Etudier les divergences qu'a susciter les diverses interprétations peut nous permettre de mieux nous comprendre ou du moins ne pas suivre aveuglement nos semblables sous prétexte qu'ils soient plus érudit que nous

alors etudions et meditons tout en demandant au tres haut sa guidance

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://itinerantversdieu.forumdediscussions.net
Gilles
modérateur
modérateur
avatar

Nombre de messages : 214
Date d'inscription : 27/07/2008

MessageSujet: Re: Entre foi et raison : débats théologiques   11/18/2010, 21:51





Les Kharijites


Les kharijites avec les sunnites et les chi‘ites constituaient les trois principales composantes de la communauté musulmane au lendemain de la grande fitna. Le mouvement kharijite vit le jour au cours du premier siècle de l’Hégire (VIIème siècle de l’ère chrétienne), à l’époque du califat de ‘Alî Ibnou Abî Tâlib . Cette branche minoritaire a presque disparu et ne forme aujourd’hui qu’un pour cent des musulmans.


Naissance du kharijisme

« Kharijite » vient du verbe arabe « kharaja » qui signifie « sortir de ». Les membres de cette tendance sont des dissidents de l’armée de ‘Alî Ibnou Abî Tâlib durant la bataille de Siffîne qui opposa celui-ci à Mou‘âwiya [cf. article « La grande Fitnah (2) : les combats fratricides »]. Leur prétexte pour quitter ‘Alî est la signature d’un traité avec Mou‘âwiya stipulant l’acceptation de se soumettre à un arbitrage humain pour la gestion de leur litige. Alors qu’ils avaient choisi Aboû Moûssâ Al-Ach‘arî pour négocier avec ‘Amr Ibnou-l-‘Âç , les kharijites critiquèrent ‘Alî en lui scandant à tout bout de champ le verset coranique : « Le jugement ne revient qu’à Dieu […] », s.6 Al-An‘âm (Les Bestiaux), v.57. ‘Alî éradiqua leur rébellion avec ardeur, mais il dut son assassinat à l’un de leurs survivants.

Ce mouvement a été le plus virulent dans la défense de ses idées, et la pratique de ses adeptes semblait exemplaire : ils aimaient mourir en martyrs.

La sincérité des kharijites n’était pas à remettre en question, mais leur compréhension de l’Islam laissait à désirer. Cette anecdote illustre parfaitement leur conception erronée de la religion : ‘Abdoullâh Ibnou-l-Khabbâb Ibnou Al-Arath voyageait en compagnie de son épouse enceinte et d’un chrétien. Leur caravane fut arrêtée par les kharijites qui s’adressèrent à ‘Abdoullâh : « Le Coran que tu portes nous ordonne de te tuer ». Ils lui demandèrent ensuite ce qu’il pensait des différents califes. ‘Abdoullâh s’exprima en bien à leur sujet, y compris pour ‘Outhmâne et ‘Alî ; c’est alors qu’ils l’égorgèrent et poignardèrent son épouse. Ils prêchèrent l’Islam au chrétien qui refusa d’y adhérer. Après concertation, ils décidèrent de l’épargner en se référant au verset coranique : « Si un idolâtre te demande asile, accorde-le-lui afin qu’il puisse entendre la Parole du Seigneur. Puis fais-le parvenir en lieu sûr, car les idolâtres sont des gens qui vivent dans l’ignorance », s.9 At-Tawba (Le Repentir), v.6.


Avant de se convertir à l’Islam, ceux qui deviendront les kharijites étaient des Arabes vivants à la campagne dans une pauvreté manifeste et des conditions de vie très difficiles ; ce qui a endurci leur tempérament, le prédisposant ainsi aux positionnements extrêmes. Ils avaient toujours envié les Qouraychites pour la richesse que ceux-ci possédaient, et la grande fitnah ne fut que l’opportunité pour eux d’exprimer leur frustration.

Ayant bien appréhendé leur nature, Zayd Ibnou Abîh (gouverneur de l’Iraq) avait réussi à amadouer un kharijite prénommé Aba-l-Khayr en lui confiant une responsabilité pour un salaire mensuel de 4000 dirhams et une prime annuelle de 100 000 dirhams. Cet homme disait depuis : « Je n’ai jamais trouvé mieux que de me soumettre à l’émir pour ressentir la chaleur du groupe. » Mais à la suite d’un différend qui les opposa, Zayd l’emprisonna jusqu’à la fin de ses jours.

Cette situation est à rapprocher des violences actuelles généralisées dans le monde : la précarité, l’injustice sociale, l’exclusion sous toutes ses formes sont le terreau idéal pour l’émergence des extrémismes.


L’idéologie kharijite

Pour les kharijites, l’imâm devait être élu pour ses qualités morales et spirituelles sans préférence d’origine. Ils rejetaient la prépondérance qouraychite pour rendre plus facile sa mise à l’écart s’il faisait preuve d’injustice. Ils avaient pour principe de désapprouver ‘Outhmâne Ibnou ‘Affâne, ‘Alî Ibnou Abî Tâlib, Talha et Az-Zoubayr
, ainsi que tous les dirigeants omeyyades. Le calife ‘Omar Ibnou ‘Abdel‘azîz a débattu avec eux mais ils le renièrent puisqu’il refusait de critiquer les dirigeants qui l’ont précédé. Certains d’entre eux ne voyaient même pas la nécessité d’avoir un calife ou un gouverneur, mais la majorité kharijite finit par prêter allégeance à ‘Abdoullâh Ibnou Wahb Ar-Râssibî. Les kharijites jugeaient les musulmans modérés comme des hypocrites, voire des mécréants qu’ils s’autorisaient à tuer sans impunité. Celui qui commettait un péché était directement taxé de mécréant. Le grand pécheur était considéré comme un apostat qui s’éternisera en enfer : d’où leur critique démesurée à l’encontre de ‘Alî qu’ils ne voyaient plus comme musulman suite au grand péché qu’il a commis selon eux en signant le pacte avec Mou‘âwiya .

À l’époque omeyyade, c’est Al-Mouhallab Ibnou Abî Soufra qui combattit les kharijites. Il prenait plaisir à comploter contre eux, provoquant la divergence dans le but de les affaiblir. Les kharijites (al-azâriqa) avaient un forgeron qui leur façonnait des flèches empoisonnées pour combattre les hommes d’Al-Mouhallab. Celui-ci, rusé, écrivit un message à l’adresse de l’artisan ; il le fit déposer à proximité même du camp de l’armée kharijite avec une somme de 1000 dirhams. Le message disait : « Nous avons bien reçu tes flèches et nous vous en demandons encore plus. Tu trouveras ci-joint la somme de 1000 dirhams conformément à notre accord » ; il tomba entre les mains du chef kharijite Qotrâ Ibnou-l-Foujâ‘a qui s’empressa de tuer le forgeron, semant par cette décision une grande discorde au sein du camp.


Moyennant finance généreuse, Al-Mouhallab envoya ensuite un chrétien se prosterner sans interruption devant Qotrâ. Lorsque les kharijites découvrirent la scène, ils sermonnèrent leur chef en lui rappelant ce verset : « Vous serez ainsi que ce que vous adorez en dehors d’Allâh le combustible de jahannam. » Qotrâ clama son innocence et répliqua que son cas était semblable à celui de Jésus que les hommes ont divinisé ; c’est alors qu’un homme exécuta le chrétien. Qotrâ le lui reprocha, ce qui déplut fortement aux autres et créa ainsi une grande dissension.

Même si les kharijites étaient connus parmi les musulmans comme des bandits et des assassins, ils développèrent certains idéaux de justice et de piété. Ils connaissaient bien les sciences du Coran et du hadîth, et s’exprimaient avec éloquence tout en usant d’un fort pouvoir de persuasion.

L’un d’eux fut présenté à ‘Abdelmalik Ibnou Marwân pour être jugé des exactions qu’il avait commises. Après avoir entendu l’accusé, voici le ressenti du roi : « J’avais l’impression que le paradis était exclusivement pour eux et que c’était à leurs côtés qu’il fallait lutter et non contre eux. » Pendant leur discussion, un enfant de ‘Abdelmalik entra en pleurant. Voyant que le père cherchait à calmer son fils, le kharijite lui dit : « Laisse-le pleurer, c’est bon pour ses muscles masticateurs, son cerveau, sa voix et cela lui facilitera les pleurs lorsqu’il se concentrera dans une adoration. » À cela ‘Abdelmalik rétorqua : « De quoi te mêles-tu alors que tu risques la prison ? » Le kharijite répondit : « Rien ne doit empêcher le croyant de dire la vérité. » Ne pouvant en entendre davantage, ‘Abdelmalik ordonna son emprisonnement de peur qu’il n’égare les gens avec ses belles paroles.


Quelques groupes de kharijites

1- Les azraqites (al-azâriqa)

Ce groupe dut son nom à Nâfi’ Ibnou-l-Azraq. Il était le plus extrémiste mais aussi le plus fort et le plus important en nombre. Ses adeptes considéraient comme grands pécheurs ceux qui ne combattaient pas tout pouvoir injuste. La « taqiyya » (la dissimulation de la foi) était complètement interdite. Ils ne reconnaissent pas la lapidation de ceux qui commettaient l’adultère et estimaient qu’on ne fouettait que ceux qui accusaient une femme de fornication sans apporter quatre témoins, pas ceux qui aurait accusé un homme, et cela en se basant sur le verset suivant : « Et ceux qui lancent des accusations contre les femmes chastes sans produire par la suite quatre témoins, fouettez-les de quatre-vingts coups de fouet, et n’acceptez plus jamais leur témoignage car ceux-là sont les pervers. », s.24 An-Noûr (La Lumière), v.4.

Ils pensaient également que les prophètes pouvaient commettre des petits et des grands péchés car le Coran dit : « En vérité, Nous t’avons accordé une victoire éclatante, afin qu’Allâh te pardonne tes fautes passées et futures, parachève sur toi Sa grâce et te dirige dans la voie droite. », s.48 Al-Fath (La Victoire), v.1-2.

Certaines de leurs pratiques leur valaient le qualificatif de terroristes fanatiques : d’abord l’« imtihâne » (examen probatoire), qui exigeait de tout nouveau kharijite d’égorger un prisonnier. Puis l’« isti‘râd » (meurtre religieux) qui les autorisait à tuer ceux qui divergeaient avec eux, ainsi que leurs épouses et leurs enfants ; ils s’attaquaient, de fait, aux autres musulmans en toute impunité.

La guerre que ses adeptes menèrent contre Abdoullâh Ibnou Az-Zoubayr et contre les omeyyades dura dix-neuf ans. Ils perdirent leur guide au cours d’une bataille, mais c’est grâce aux ruses d’Al-Mouhallab Ibnou Abî Soufra qu’ils finirent par disparaître.


2 – An-najdât

C’est en réaction à l’extrémisme azraqite que naquit la branche des najdât, fondée par Najda Ibnou ‘Ouwaymir. Pour ces azraqites "modérés", la nomination d’un gouverneur n’était pas une obligation religieuse tant que les musulmans pouvaient s’organiser entre eux. Ceux qui ne partageaient pas leurs opinions n’étaient plus des polythéistes, mais de simples lâches. Ils considéraient comme licite le fait d’assassiner les gens d’ahl adh-dhimma — les gens du Livre qui jouissent de la protection de l’Etat islamique en contrepartie du paiement d’une capitation (al-jizya) —, et utilisaient le principe de « taqiyya » (dissimulation de la foi) sans condition.

Ils conquirent Bahrein en 685 de l’ère chrétienne et une partie du Yémen. Mais des dissensions apparurent avant leur envahissement du Hijâz. Les najdât ont contredit leur émir Najda à plusieurs reprises :

- lorsqu’il a pardonné à des grands pécheurs parmi les siens en disant que Dieu peut leur pardonner ; et au cas où Il les juge, Il les punira ailleurs qu’en enfer, puis les fera entrer au paradis ;

- lorsqu’il privilégia l’armée de terre par rapport à l’armée navale.C’est ainsi qu’ils se divisèrent en trois groupes, dont l’un exécuta Najda. Mais ces trois groupes ont disparu, surtout à l’époque de ‘Abdelmalik Ibnou Marwân.


3 – Al-ajârida

Ces kharijites étaient proches des najdât car ils avaient suivi ‘Abdelkarîm Ibnou ‘Ajrad, lui-même partisan de ‘Atiyya Ibnou-l-Aswad qui s’était révolté contre Najda Ibnou ‘Ouwaymir. Cette tendance kharijite, composée de plusieurs groupuscules, ne combattait pas ceux qui ne les attaquaient pas. En revanche, ses adeptes autorisaient le mariage d’un homme avec ses petites-filles et ses nièces. Les branches des chou‘aybiyya et des maymouniyya étaient considérées comme incrédules puisqu’ils prétendaient que sourate Yoûssouf ne faisait pas réellement partie du Coran : le verset qui laisse supposer, selon eux, que Yoûssouf était tenté par la femme de son maître ne peut pas être une Parole de Dieu. Or, ce verset a été interprété différemment par les exégètes du Saint Coran.


4 - Les sufrites (as-safriyya)

L’instigateur de ce mouvement s’appellait Ziyâd Ibnou-l-Asfar. Cette branche apparut dans un contexte hostile au kharijisme, et les sufrites ne combattaient que le gouverneur et son armée, pas les autres musulmans. Ils ne taxaient d’incrédules que ceux sur qui leur gouverneur appliquait la sentence.


5 – Les ibadites (al-ibâdiyya)

Ce groupe doit son nom à ‘Abdoullâh Ibnou Ibâd. Il était le plus modéré et le plus proche d’ahl as-sounna. Ces kharijites se basent sur une jurisprudence acceptable, c’est pourquoi ils ont perduré. L’Egypte s’est même inspirée des avis de leurs jurisconsultes dans le domaine de l’héritage. Ils vivent aujourd’hui à Oman et dans le désert algérien du Mzab (les Mozabites).


Ceux qui divergent avec eux ne sont ni des incrédules, ni des croyants : ils les appellent « kouffarou-n-ni‘ma » (incrédules dans la reconnaissance), et non « kouffarou-l-‘aqîda » (incrédules dans la croyance). En cas de guerre, ils ne prennent comme butin des musulmans qu’ils combattent que les armes et les chevaux mais pas l’or ni l’argent. Ils acceptent le témoignage des autres musulmans, permettent le mariage avec eux et accèdent également à leur héritage.

D’ailleurs, ils refusent l’appellation de « kharijite », le dogme ibadite étant pour eux l’orthodoxie originelle du Prophète et des compagnons.

Les kharijites ont presque tous disparu de nos jours. Ont subsisté certains ibadites dans le sultanat d’Oman (la doctrine ibadite est celle de la famille royale), où ils constituent 75% des 2 millions d’habitants ; dans la vallée du Mzab en Algérie et sur l’île de Djerba (Tunisie). Ils doivent leur survivance à leur modération, alors que les autres branches furent combattues pour leur extrémisme sanguinaire envers les autres musulmans. Malgré leur désir de justice et d’équité, les kharijites n’ont fait que répandre terreur et banditisme au sein de la Oumma, négligeant les principes de base de respect et d’ouverture dont avait fait preuve le Prophète .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Zen
Webmaster
Webmaster
avatar

Nombre de messages : 102
Date d'inscription : 16/05/2008

MessageSujet: Re: Entre foi et raison : débats théologiques   11/18/2010, 23:21



Mon cher frère gilles que Dieu te benisse

A la lecture de ces articles ,il devient évident que suivre les hommes s'avèrent dangereux a plus d'un titre

Il est interessant de noter que le point commun de ces divergences dans la croyance mène à la même prétention : détenir la guidance et etre dans la vérité exclusive en rejetant la possibilité pour autrui d'accéder a ce statut si par malheur il pensait ou croyait différement

Quelle arrogance !

N'est ce pas la preuve de l'ignorance et de l'injustice de l'homme à l'égard de Dieu ?

Nous devons bien nous rendre a l'évidence que nous ne sommes pas capable de nous guider par nous même et que le premier jalon a adopter pour espérer etre guider est : l'humilité à l'égard de Dieu pour notre incapacité a nous guider de nous même aussi savant que nous pourrions l'être

Sans Dieu nous ne sommes vraiment rien et s'est en lui que nous devons placer notre espérance

Que Dieu nous guide vers ce qui le satisfait lui plutot que vers ce qui nous satisfait nous

Et en cela j'affectionne particulièrement le hadith qoudoussi suivant :

rapporté par Muslim et qu'il tient d'Abû Dharr Al-Ghifari (R.A) :

« O mes serviteurs ! Je Me suis interdit toute injustice, et je vous l'ai interdite entre vous : alors ne vous opprimez pas mutuellement » !
Oh mes serviteurs ! Tous vous êtes égarés, excepté ceux que J'ai guidés : alors cherchez la guidée auprès de Moi et Je vous guiderai !
Oh mes serviteurs ! Tous, vous êtes affamés, excepté ceux que j'ai nourris : alors cherchez votre nourriture auprès de Moi et Je vous nourrirai !
Oh mes serviteurs ! Tous, vous êtes nus excepté ceux que j'ai vêtus : alors cherchez votre vêtement auprès de Moi et Je vous vêtirai !
Oh mes serviteurs ! Vous péchez nuit et jour, et Je pardonne les péchés : alors, recherchez votre pardon auprès de Moi, et Je vous pardonnerai !

A méditer
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://itinerantversdieu.forumdediscussions.net
Gilles
modérateur
modérateur
avatar

Nombre de messages : 214
Date d'inscription : 27/07/2008

MessageSujet: Re: Entre foi et raison : débats théologiques   11/24/2010, 18:31

mon cher frère Zen

Il est important de remarquer qu'après le Prophète(saws) beaucoup de courants de penser ont émergés.

Les Kharijites au début très extrémiste sur bien des points ont au fil du temps apportés beaucoup de changement à leur propre dogme pour finalement devenir plus "modéré".

De tous ces groupes certaines de leur vision et pratique de la religion sont à rejeter fermement mais certaines choses sont à conservés comme le fait par exemple que pour les "Kharijites" et pour un groupe des "motazillah" la lapidation ne fait pas partie de l'Islam et leur preuve est solide.

Dans tout groupe il y a du bon et du moins bon, à prendre et à rejeter en confrontant leurs avis au discernement décisif "le Saint-Coran".
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Entre foi et raison : débats théologiques   

Revenir en haut Aller en bas
 
Entre foi et raison : débats théologiques
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Raison et déraison.
» Qu'est-ce que la philosophie ?
» Le dialogue entre foi et raison/32/34/
» Entretien avec Rémi Brague sur le dialogue entre christianisme et islam
» Blaise Pascal, la foi et la raison (explication d'un extrait des Pensées)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Océans de Miséricorde :: Etablissement de La croyance et son enracinement :: La croyance en dieu entre héritage et recherche-
Sauter vers: