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 Ces hommes et ces femmes autour de l'envoyé de Dieu

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Zen
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MessageSujet: Ces hommes et ces femmes autour de l'envoyé de Dieu   5/24/2008, 18:01









Mes chers frères et soeurs, que Dieu vous bénisse!

Je vous propose, à travers ce topic, d'apprendre à connaitre ceux et celles qui ont accompagné et entouré le prophète saw durant sa mission sur terre !

Nous verrons l'impact que l'éducation prophétique a eu sur la vie d'hommes et de femmes et comment cela a bouleversé leurs vies !

N'hésitez pas à poster la vie de ces hommes et femmes remarquables qui resteront des exemples de vertues pour les générations a venir !

Ainsi je vous propose, aujourd'hui, un résumé de la vie de :

Khabbâb Ibn Al-Aratt, que Dieu l’agrée

Une femme du nom de Umm `Ammâr de la tribu des Khuza`a de la Mecque se rendit un jour au marché aux esclaves. Elle souhaitait y acquérir un jeune homme pour ses corvées ménagères et comptait également utiliser son labeur pour en tirer profit. Alors qu’elle scrutait les visages de ceux qui étaient présentés à la vente, ses yeux se posèrent sur un garçon qui n’avait pas atteint 13 ans. Elle vit qu’il était fort et en bonne santé, son visage montrait des signes évidents d’intelligence. Elle n’hésita pas davantage et l’acheta. Elle paya et s’en alla emmenant sa nouvelle acquisition.

Sur le chemin du retour, Umm `Ammâr se tourna vers le garçon et le dialogue suivant s’engagea :

"Comment t’appelles-tu, mon garçon ?
- Khabbâb.
- Quel est le nom de ton père ?
- Al-Arath.
- D’où viens-tu ?
- De Najd.
- Mais alors, tu es arabe !
- Oui, de la tribu des Banû Tamîm.
- Comment es-tu donc tombé entre les mains des vendeurs d’esclaves de La Mecque ?
- Une des tribus arabes a envahi nos terres. Ils ont pris notre bétail et capturé les femmes et les enfants. Je fus de ceux-là. Je suis passé d’une main à l’autre avant d’arriver à La Mecque."


Umm `Ammâr plaça le jeune garçon comme apprenti chez un des maréchaux-ferrant de La Mecque afin qu’il y apprenne à fabriquer des sabres. Le jeune garçon apprenait vite et bien. Il devint rapidement un expert de la profession. Lorsqu’il fut assez fort, Umm `Ammâr l’établit dans une échoppe lui fournissant tous les outils et tout l’équipement nécessaires à la fabrication des sabres. En peu de temps, il devint célèbre dans toute La Mecque pour son tour de main. De plus, les gens aimaient traiter avec lui à cause de son honnêteté et de son intégrité. Umm `Ammâr gagna beaucoup d’argent grâce à lui et exploita ses talents tant qu’elle put.

Malgré sa jeunesse, Khabbâb manifestait une intelligence unique et une grande sagesse. Souvent lorsqu’il avait fini son travail et qu’il se retrouvait seul, il réfléchissait sur l’état de la société arabe, profondément corrompue. Il était consterné par la vaine errance, l’ignorance et la tyrannie qu’il constatait. Il était lui-même une victime de cette tyrannie et il se disait :

- Après ces temps de ténèbres viendra forcément le temps de la lumière.

Et il espérait vivre assez longtemps pour voir les ténèbres se dissiper et voir l’intense lueur éclatante de cette nouvelle lumière.

Khabbâb n’eut pas à attendre longtemps. Il avait le privilège de se trouver à La Mecque lorsque les premiers rayons de la lumière de l’Islam pénétrèrent la cité. Ils émanaient de la bouche de Muhammad Ibn Abdallah, lorsqu’il annonça que personne ne méritait d’être vénéré et adoré si ce n’est le Créateur et Maître de l’univers. Il réclamait la fin de l’injustice et de l’oppression et critiquait avec virulence les pratiques des riches à accumuler des biens au détriment des pauvres et des exclus ; il dénonçait les privilèges aristocratiques et réclamait un nouvel ordre basé sur le respect de la dignité humaine et sur la compassion pour les moins privilégiés tels que les orphelins, les voyageurs et les nécessiteux.

Les enseignements de Muhammad étaient pour Khabbâb une lumière puissante dissipant les ténèbres de l’ignorance. Il se rendit auprès de lui et entendit ses paroles de sa bouche même. Sans plus d’hésitation, il tendit sa main vers le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) en signe d’allégeance et témoigna qu’ "il n’y a de dieu qu’Allah et que Muhammad est Son serviteur et Son messager". Il fut au nombre des dix premiers à embrasser l’Islam.

Khabbâb ne cacha sa conversion à l’Islam à personne. Lorsque Umm `Ammâr apprit qu’il était devenu musulman, elle devint rouge de colère. Elle se rendit chez son frère Siba’a ibn Abd Al-`Uzza, le chef d’une bande de jeunes de la tribu de Khuza`a et ensemble ils allèrent chez Khabbâb. Ils le trouvèrent plongé dans son travail. Siba’a s’approcha de lui et dit :

- Nous avons entendu des rumeurs à ton sujet que nous ne pouvons croire.
- Qu’est-ce donc ? répondit Khabbâb.
- On nous a dit que tu avais renié ta religion et que tu suivais cet homme de la tribu des Banû Hâshim.
- Je n’ai pas renié ma religion, dit Khabbâb calmement. Je crois en un Dieu unique, sans aucun associé. Je rejette vos idoles et je crois aussi que Muhammad est le serviteur de Dieu et Son messager.

A peine Khabbâb eut-il fini de parler que Siba’a et sa bande se jetèrent sur lui. Ils le frappèrent à coup de poings et de barres de fer et le battirent jusqu’à ce qu’il tombe à terre, sans connaissance, le sang coulant de ses blessures.

La nouvelle de ce qui s’était passé entre Khabbâb et sa maîtresse se répandit dans toute La Mecque comme une traînée de poudre. Les gens s’étonnaient de l’audace de Khabbâb. Jusqu’à présent ils n’avaient jamais entendu dire qu’un des compagnons de Muhammad eut osé proclamer sa croyance avec autant de franchise et de défi.

L’affaire Khabbâb choqua profondément les dirigeants des Qurayshites. Ils ne s’attendaient pas à ce qu’un maréchal-ferrant appartenant à Umm `Ammâr sans clan pour le protéger ni descendants pour le défendre contre les injures, osât défier son autorité, dénoncer ses dieux et rejeter la religion de ses ancêtres. Ils réalisèrent que cette affaire pouvait n’être qu’un début…

Et les Qurayshites ne s’étaient pas trompés dans leurs prédictions. Le courage de Khabbâb impressionna bon nombre de ses compagnons et les incita à l’imiter et à proclamer publiquement leur adhésion à l’Islam. L’un après l’autre, ils commencèrent à annoncer le message de vérité.

Dans le quartier du Haram, près de la Ka`ba, les dirigeants des Qurayshites se réunirent pour discuter du problème que leur posait Muhammad. Parmi eux, Abû Sufyan Ibn Harb, Al-Walid Ibn Al-Mughîra et Abû Jahl Ibn Hishâm. Ils remarquèrent que Muhammad devenait de plus en plus puissant et que le nombre de ses compagnons augmentait de jour en jour, voire d’heure en heure. Ils en étaient malades et ils décidèrent d’y mettre un terme avant que le phénomène n’échappe totalement à leur contrôle. Chaque tribu fut chargée d’attraper des compagnons de Muhammad et de les punir jusqu’à ce qu’ils renient leur foi ou meurent[/color].

Siba’a Ibn Abd Al-`Uzza et ses gens reçurent l’ordre de punir Khabbâb, à nouveau. Régulièrement, ils l’emmenaient sur une place publique dans la cité au moment où le soleil était au zénith et le sol brûlant. Ils lui enlevaient ses vêtements et l’habillaient d’une armure de fer et le couchaient sur le sol. Dans la chaleur intense, sa peau se desséchait et son corps demeurait inerte. Lorsque toute force l’avait abandonné, ils le défiaient :

- Alors que dis-tu de Muhammad ?
- Il est le serviteur de Dieu et Son messager ; il est venu amenant avec lui la religion de la guidée et de la vérité pour nous sortir des ténèbres et nous mener à la lumière.

Cela les rendait encore plus furieux et ils intensifiaient leurs coups. Ils lui posaient alors des questions sur Al-Lât et Al-`Uzza et il répondait d’une voix ferme :

- Deux idoles, sourdes et muettes, elles ne peuvent ni faire de mal ni faire de bien.

Aveuglés par la colère, ils prenaient une grosse pierre et la plaçaient sur son dos. La douleur et l’angoisse de Khabbâb ne cessaient de croître mais jamais il ne renia sa foi.

L’inhumanité de Umm `Ammâr à l’égard de Khabbâb n’avait rien à envier à celle de son frère. Un jour, elle vit le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) parler à Khabbâb devant son échoppe, ce qui l’enragea. Chaque jour - et ce pendant plusieurs jours - elle se rendit à sa boutique et le punit en plaçant un fer chauffé à blanc sur sa tête. Sa douleur était intolérable et souvent il s’évanouissait.

Khabbâb souffrit longtemps et son seul secours venait de la prière. Il pria pour qu’Umm `Ammâr et son frère soient punis. Il fut enfin délivré de la souffrance et de la douleur, lorsque le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) autorisa ses compagnons à émigrer à Médine. Umm `Ammâr ne put s’opposer à son départ. Elle-même fut bientôt atteinte d’une terrible maladie, inconnue jusqu’alors. Elle se comportait comme si elle avait été enragée. Les migraines qui la terrassaient étaient atroces et mettaient ses nerfs à rude épreuve. Ses enfants cherchèrent de l’aide partout où ils purent jusqu’à ce qu’on leur dise que le seul remède consistait à lui cautériser la tête. Ce qui fut fait. Le traitement au fer rouge fut plus terrible encore que toutes les migraines dont elle avait eu à souffrir.

A Médine, au milieu des Ansârs généreux et hospitalier, Khabbâb fit l’expérience d’une nouvelle vie paisible et reposante qu’il n’avait pratiquement jamais connue. Il était ravi d’être auprès du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) sans que personne ne le moleste ou ne perturbe son bonheur.

Khabbâb combattit au côté du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) lors de la bataille de Badr. Il participa à la bataille de Uhud où il eut la satisfaction de voir Siba’a Ibn Abd Al-`Uzza mourir des mains de Hamza Ibn Abd Al-Muttalib, l’oncle du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui).

Khabbâb vécut assez longtemps pour être le témoin de la grande expansion de l’Islam sous les Califats de Abû Bakr, `Omar, Othmân et `Alî (qu’Allah soit satisfait d’eux). Un jour il rendit visite au calife `Omar. Ce dernier, bien qu’en audience, se leva et salua Khabbâb avec ces mots :

- Personne ne mérite plus que toi de faire partie de cette assemblée si ce n’est Bilâl.

Il demanda à Khabbâb de raconter les tortures et les persécutions dont il avait été victime. Khabbâb raconta tout en détail, car les souvenirs étaient encore vivaces dans sa mémoire. Ensuite, il montra son dos et même Omar fut horrifié de ce qu’il vit.

Durant la dernière partie de sa vie, Khabbâb fut béni et put jouir d’une telle fortune qu’il n’eut jamais osé en rêver. Et malgré cela, il était connu de tous pour sa générosité. On raconte qu’il avait placé son argent dans un endroit de sa maison que tous les pauvres et nécessiteux connaissaient. Il n’y faisait pas attention et ceux qui en avaient besoin pouvaient venir et en prendre sans lui en demander la permission, sans même l’en avertir.

Et malgré cela, il s’inquiétait des comptes qu’il aurait à rendre à Allah pour l’usage qu’il aurait fait de ses richesses. Un groupe de compagnons racontait, qu’un jour, ils rendirent visite à Khabbâb alors qu’il était malade et qu’il leur dit :

- Quatre-vingt mille dirhams se trouvent à cet endroit. Par Allah, je n’ai jamais fait quoique ce soit pour les mettre en sécurité, je n’ai jamais empêché personne de s’en servir s’il en avait besoin.

Il fondit en larme et quand ils lui demandèrent pourquoi il pleurait, il dit :

- Je pleure parce mes compagnons sont morts sans obtenir une telle récompense en ce bas-monde. J’ai survécu et j’ai acquis ces richesses et je crains que ce ne soit là la seule récompense que j’aurai pour mes actes.

Peu après, il mourut. Le Calife `Alî Ibn Abî Tâlib (qu’Allah soit satisfait de lui) au bord de sa tombe dit :

- Que Dieu ait Khabbâb en sa miséricorde ! Il a adhéré à l’Islam de tout son cœur. Il a volontairement participer à l’hégire. Il a vécu en mujahid et Dieu ne prive pas Sa récompense celui qui a accomplit le bien.







Dernière édition par Zen le 6/29/2008, 02:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ces hommes et ces femmes autour de l'envoyé de Dieu   6/5/2008, 19:17





Prenez le temps de lire cette merveilleuse histoire que celle de :

Jaffar Ibn Abu Talib


Malgré le rang noble qu’il occupait parmi les Qurayshites, Abû Tâlib, un oncle du Prophète — paix et bénédictions sur lui — était assez pauvre. Il avait une grande famille et pas assez de moyens pour subvenir à leurs besoins. Déjà accablé par la misère, sa situation empira lorsque une terrible sécheresse s’abattit sur la péninsule d’Arabie. La sécheresse détruisit la végétation et le bétail, et on dit même que la population fut contrainte à manger des os dans sa lutte pour survivre.

Ce fut pendant cette période de sécheresse, avant qu’il ne fut élu pour recevoir la révélation que Mohammad — paix et bénédictions sur lui — dit à son oncle Al-`Abbâs :

"Ton frère Abû Tâlib à une famille nombreuse. Comme tu le vois les gens ont été affligés par la terrible sécheresse et souffrent de la famine. Allons trouver Abû Tâlib afin de le soulager un peu des charges de sa famille. Je prendrai un de ses fils et tu pourras en prendre un autre, et nous prendrons soin d’eux".

Ce que tu suggères est certainement sage et louable", répondit Al-`Abbâs, et ils s’en allèrent ensemble trouver Abû Tâlib et lui dirent :

" Nous voulons te soulager du fardeau que représente ta famille jusqu’à ce que cette période difficile se soit dissipée".

Abû Tâlib acquiesca et dit : " Permettez -moi de garder `Aqîl — un de ses fils qui était plus âgé que `Ali — vous pourrez ensuite faire comme bon vous semble".

Ce fut ainsi que Mohammad — paix et bénédictions sur lui — prit `Ali — que Dieu l’agrée — sous sa tutelle, tandis qu’Al-`Abbâs — que Dieu l’agrée — se chargeait de Ja`far — que Dieu l’agrée —. Ja`far ressemblait beaucoup au Prophète — paix et bénédictions sur lui —. On dit que de la tribu des Hashimites, il y avait cinq hommes qui ressemblaient tellement au Prophète, qu’ils étaient souvent confondus. Il s’agit de : Abû Sufyân Ibn Al-Hârith et Qoutham Ibn Al-`Abbâs, ses deux cousins, As-Saib Ibn `Ubayd — grand-père de l’Imam Ash-Shâfi`î— Al-Hasan Ibn `Ali, petit-fils du Prophète — paix et bénédictions sur lui — qui lui ressemblait le plus, et Ja`far Ibn Abî Tâlib.

Ja`far — que Dieu l’agrée — demeura chez son oncle Al-`Abbâs jusqu’a ce qu’il devint un jeune homme. Puis il épousa Asmâ Bint Umays, une des sœurs de Maymûna(paix sur elle) qui devait plus tard devenir une des épouses du Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Après son mariage, il quitta la maison d’Al-`Abbâs — que Dieu l’agrée —. Lui et son épouse furent parmi les premiers à embrasser l’Islam. Il devint Musulman par l’entremise de Abû Bakr As-Siddîq, qu’Allah l’agrée.



Le jeune Ja`far et son épouse étaient de fidèles adorateurs de Dieu, dévoués à l’islam. Ils endurèrent les terribles traitements et la persécution de Quraysh avec patience et persistance car ils savaient tous deux que le chemin de paradis était jonché d’épines et parsemé de douleurs et d’épreuves. Les Qurayshites leur rendirent la vie impossible à tous deux ainsi qu’à leurs frères en Religion. Ils tentèrent de les empêcher de respecter et d’accomplir les devoirs et rites de l’Islam. Ils les privèrent de goûter au bonheur d’adorer Allah en paix. Les Qurayshites les assaillirent de toute part et avaient sérieusement restreint leur liberté de mouvement.

Finalement, Ja`far alla trouver le Prophète — paix et bénédictions sur lui —, et demanda la permission d’accomplir la hijra (émigration) vers la terre d’Abyssinie, pour lui et un petit groupe de compagnons — que Dieu les agrée — y compris son épouse. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — lui accorda sa permission avec beaucoup de tristesse. Il lui était pénible que ces âmes si pures et si vertueuses fussent oligées de quitter leurs demeures, ces lieux et décors si familiers, ainsi que les souvenirs d’enfance et de jeunesse, tellement chers à leurs cœurs. Cela non pas pour avoir commis un délit quelconque, mais seulement pour avoir dit : Notre Seigneur est Un. Allah est Notre Seigneur".

Le groupe des émigrés quitta La Mecque à destination de la terre d’Abyssinie avec a leur tête Ja`far Ibn Abî Tâlib. Ils s’installèrent bientôt en cette nouvelle terre, sous la protection et les auspices du Negus, souverain juste et sage d’Abyssinie. Pour la première fois depuis qu’ils avaient embrassé l’Islam , ils purent savourer le goût de la liberté et de la sécurité, et appprécier le bonheur d’adorer Allah en tout quietude.

Lorsque Quraysh apprit que le petit groupe de Musulmans avaient émigré et qu’ils menaient une vie paisible sous la protection du Negus, ils organisèrent leur extradition et leur retour vers la grande prison qu’était devenu La Mecque. Ils désignèrent `Amr Ibn Al-`Âs et `Abd Allâh Ibn Abî Rabî`ah , deux figures des plus imposantes de leur tribu pour mener à bien cette mission. Les deux hommes étaient chargés de présents rares et de grande valeur, à l’attention du Negus et de ses évêques. En Abyssinie, les deux émissaires de Quraysh remirent d’abord leurs présents aux évêques et dirent à chacun d’entre eux : "Il y a des jeunes personnes malveillantes qui vont et viennent en toute liberté sur les terres du Roi. Ils ont attaqué la religion de leurs ancêtres et ont causé la division au sein de leur peuple. Lorsque nous parlerons d’eux au Roi, conseillez-lui de nous les livrer sans qu’il ne les interroge sur leur religion. Les nobles chefs de leur tribu les connaissent bien et sont mieux informés sur leurs croyances".

Les évêques acceptèrent. `Amr et `Abd Allâh allèrent ensuite trouver le Negus et lui offrirent des présents qui le remplirent d’admiration. Ils lui dirent : "Ô Roi, un groupe de personnes maléfiques parmi nos jeunes se sont enfuis vers votre royaume. Ils pratiquent une religion que ni vous, ni nous-mêmes ne connaissons. Ils ont renié notre religion et n’ont pas embrassé la vôtre. Les nobles dirigeants de leur peuple — parmi lesquels leurs propres parents et oncles, de leur tribu — nous ont envoyés vers vous afin de solliciter leur extradition. Ils sont mieux informés du mal qu’ils ont cause.

Le Negus regarda en direction de ses évêques qui dirent : " Ils disent vrai, Ô Roi. Leur peuple les connait bien mieux et sait ce qu’ils ont fait. Renvoyez-les pour qu’ils soient jugés par les leurs".

Le Negus fut plutôt irrité par cette suggestion et dit : " Non. Par Dieu, je ne les livrerai à personne, pas avant de les avoir moi-même interrogés à propos de ce dont on les accuse. Si ces deux hommes disent vrai, alors je vous les livrerai. Si par contre ce n’était pas le cas, alors je les protegerai aussi longtemps qu’ils désirent demeurer sous ma protection".

Le Negus convoqua les Musulmans. Avant de le rencontrer, ceux-ci se concertèrent et décidèrent que seul Ja`far Ibn Abî Tâlib était habilité à parler en leur nom. À la cour du Negus, les évêques étaient assis à sa gauche, vêtus de surplis verts et de couvre-chefs impressionnants. Les émissaires Qurayshites étaient également assis lorsque les Musulmans y firent leur entrée et y prirent place. Le Negus se tournant vers eux , leur demanda : "Quelle est cette religion que vous avez adoptée et qui vous a conduit à renoncer a la religion de votre peuple ? Vous n’avez pas non plus embrassé ma religion ni celle d’aucune autre communauté".

Ja`far Ibn Abî Tâlib s’avanca alors, et fit un discours émouvant et éloquent, toujours considéré comme étant l’une des plus brillantes définitions de l’Islam, de l’appel du Noble Prophète — paix et bénédictions sur lui —, et la situation de la société Mecquoise en cette époque. Il dit :





Dernière édition par Zen le 6/29/2008, 02:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ces hommes et ces femmes autour de l'envoyé de Dieu   6/5/2008, 19:25







suite de l'histoire de Jaffar ibn Abou Talib

" Ô Roi, nous étions un peuple vivant dans l’ignorance et l’immoralité, adorant des idôles et mangeant la chair des cadvres d’animaux, commettant toutes sortes d’atrocités et de pratiques honteuses, brisant les liens de parenté, manquant aux règles de l’hospitalité, le plus fort d’entre nous exploitant le plus faible... Nous demeurâmes en l’état jusqu’au jour où Allah — Exalté Soit-Il — nous envoya un Prophète de notre peuple dont la lignée, la sincerité, le respect du depôt et l’integrité étaient connus de nous tous. Il nous appela à adorer d’Allah, l’Unique et à abjurer les pierres et les idôles que nos ancêtres et nous-mêmes adorions, en dehors d’Allah. Il nous a enjoint de dire la vérité, d’honorer notre parole, d’être aimables envers nos proches, d’aider nos voisins, de cesser tout acte illicite, de s’abstenir de verser le sang, d’éviter l’indécence et le faux temoignage, de ne pas s’approprier les biens des orphelins ni de calomnier les femmes honnêtes. Il nous a ordonné d’adorer Allah seul, sans rien lui associer, d’accomplir la Salât (prière), de s’acquitter de la Zakât (aumône légale) et de jeûner le mois de Ramadan. Nous avons cru en lui et au message d’Allah qu’il nous a apporté, nous observons tout ce qu’il nous demande de faire, et rejetons ce qu’il nous a interdit de commettre. Suite à cela , Ô Roi, notre peuple nous a attaqué et infligé le plus sévères des châtiments afin de nous faire renoncer à notre religion et nous ramener aux anciennes pratiques immorales et à l’adoration des idôles. Ils nous ont opprimés et rendu notre vie impossible, et nous ont empeché d’appliquer notre Religion. C’est alors que nous sommes venus dans votre pays, et que nous vous avons choisi parmi tant d’autres, avec le désir de gagner votre protection et dans l’espoir de vivre dans la justice et la paix, parmi vous".

Le Negus fut impressionné par ce discours et voulut en savoir plus. Il demanda à Ja`far — que Dieu l’agrée — : "Auriez- vous quelque chose que votre Prophète vous a apporte concernant Dieu ?". "Oui," répondit Ja`far. " Alors lisez-le pour moi", demanda le Negus.

Ja`far, de sa chaleureuse et mélodieuse voix, récita le premier passage de Sourate Maryam, qui a pour sujet Jésus et sa mère Marie. À l’écoute des mots du Coran, le Negus fut ému aux larmes. Il dit aux Musulmans : "Le message de votre Prophète — paix et bénédictions sur lui — et celui de Jésus — paix sur lui — ont une seule et même source". Puis il dit à `Amr et à ses compagnons : "Partez, car par Dieu, je ne vous les livrerai jamais".

Mais l’histoire ne s’arrêta pas là. `Amr décida de recourir à la ruse et d’aller trouver le roi afin de : "lui mentionner un détail concernant la croyance des Musulmans qui lui emplira certainement le cœur de colère et de haine".

Le lendemain, `Amr se rendit auprès du Roi et lui dit : "Ô Roi, ces gens à qui vous avez accordé l’asile et que vous protégez disent des choses terribles à propos de Jésus le fils de Marie. Il serait un esclave... Envoyez donc les chercher, et demandez-leur en quels termes ils parlent de Jésus".

Le Negus convoqua les Musulmans, une fois de plus, Ja`far — que Dieu l’agrée — étant leur porte-parole. Le Negus posa cette question : " Que dites-vous de Jésus, fils de Marie ?". "En ce qui le cconcerne, nous ne disons que ce qui a été révélé à notre Prophète", répondit Ja`far — que Dieu l’agrée —. "Et qu’est-ce donc ?" demanda-t-il. "Notre Prophète — paix et bénédictions sur lui — dit que Jésus est l’esclave de Dieu et Son Prophète. Son Esprit et Son Verbe qu’Il a insufflés à la Vierge Marie".

Le Negus fut visiblement ébloui par cette réponse et s’exclama : "Par Dieu, Jésus fils de Marie est exactement comme l’a décrit votre Prophète — paix et bénédictions sur lui —".

Les évêques ne purent que grommeler leur écœurement et se firent réprimander par le Negus. Il se tourna vers les musulmans et dit :

"Allez en paix. Quiconque vous tourmentera, le paiera et quiconque s’opposera à vous sera puni. Car par Dieu, je préférerais renoncer à une montagne d’or plutôt qu’il soit fait du mal à l’un d’entre vous".

Concernant `Amr et ses compagnons, il somma ses intendants : "Rendez-leur leurs présents, je n’en ai nul besoin". `Amr et ses compagnons se retirèrent, misérables et frustres. Les Musulmans demeurèrent sur la terre du Negus, qui s’avéra être extrêmement généreux et bon envers ses protégés. Ja`far — que Dieu l’agrée — et Asmâ, son épouse passèrent dix années en Abyssinie qui devint leur deuxième patrie. Asmâ y donna naissance à trois enfants qu’ils nommèrent `Abd Allâh, Mohammad et `Awn. Leur second enfant fut probablement le premier enfant dans l’histoire de la communauté musulmane à être appelé Mohammad, du nom du noble Prophète — paix et bénédictions sur lui —.

En l’an 7 de l’hégire, Ja`far et sa famille quittèrent l’Abyssinie avec un groupe de Musulmans et partirent pour Medine. Lorsqu’ils arrivèrent à destination, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — revenait de la victorieuse conquête de Khaybar. Il était tellement heureux de retrouver Ja`far qu’il dit : " je ne sais ce qui me rend le plus heureux, la conquête de Khaybar ou la venue de Ja`far".

Les musulmans, d’une manière générale, et plus spécialement les pauvres parmi eux, étaient aussi heureux du retour de Ja`far que ne l’était le Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Ja`far devint très vite connu comme se souciant du bien-être des pauvres et des démunis. Il fut d’ailleurs surnommé "le Père des Pauvres".

Abû Hurayrah — que Dieu l’agrée — disait de lui : "Le meilleur des hommes envers nous autres nécessiteux était Ja`far — que Dieu l’agrée —. Il passait devant nous en rentrant chez lui, et nous donnait ce qu’il avait comme nourriture. Et s’il n’avait plus de nourriture , alors il nous envoyait un pot contenant du beurre et rien d’autre. Nous l’ouvrions et en léchions le fond, jusqu’à le rendre propre".

Le séjour de Ja`far à Médine ne fut pas long. Au début de la huitième année de l’Hégire, le Prophète mobilisa une armée pour affronter les forces Byzantines en Syrie, car un de ses émissaries, envoyé en paix, fut lâchement tué par un gouverneur Byzantin. Il nomma Zayd Ibn Haritha commandant en chef de cette armée, et donna les instructions suivantes : "Si Zayd est blessé ou tué, le commandement reviendra à Ja`far. Si Ja`far est blessé ou tué, alors votre commandant sera `Abd Allâh Ibn Rawâhah. Si `Abd Allâh est tué, il appartiendra alors aux musulmans de choisir leur commandant".

Jamais auparavant le Prophète — paix et bénédictions sur lui — n’avait donné de telles instructions à une armée, et les musulmans prirent cela comme le signe d’une bataille acharnée, et qu’ils pourraient même subir de lourdes pertes. Lorsque l’armée musulmane parvint à Moutah, un petit village dans les collines de Jordanie, ils découvrirent que les Byzantins avaient rassemblé cent mille hommes auxquels s’ajouta un nombre formidable d’Arabes chrétiens venus leur prêter main forte. Ces hommes venaient des tribus de Lakhm, Judham, Qoudâ`ah et d’autres encore. L’armée Musulmane elle, ne comptait que trois mille hommes. Contre toute attente, les forces Musulmanes engagèrent la bataille. Zayd Ibn Haritha ,le compagnon bien-aimé du Prophète — paix et bénédictions sur lui — fut parmi les premiers à tomber.

Ja`far Ibn Abî Tâlib — que Dieu l’agrée — lui succéda aux commandes. Enfourchant son cheval dont la robe était d’un roux flamboyant, il s’infiltra dans les rangs Byzantins. Il éperonna son cheval et s’écria : "Comme le Paradis est merveilleux lorsque l’on s’en rapproche ! Comme ses breuvages sont délicieux et désalterants ! Le châtiment envers les Byzantins est tout près !".

Ja`far — que Dieu l’agrée — continua à se battre héroïquement et finit par être tué. Le troisième à prendre les commandes, `Abd Allâh Ibn Rawâhah, fut tué à son tour. C’est alors que Khâlid Ibn Al-Walîd, le combattant intrépide qui avait embrassé l’Islam depuis peu, fut choisi pour commander les troupes. Il ordonna un repli tactique, redéploya les Musulmans et lança l’offensive de plusieurs directions. Finalement. Le gros des forces Byzantines s’enfuit dans la confusion.

C’est à Medine que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — apprit la mort de ses trois commandants. Il en ressentit une douleur et chagrin profond. Il se rendit à la demeure de Ja`far — que Dieu l’agrée — et rencontra Asmâ, son épouse. Elle se préparait pour le retour de son mari. Elle avait préparé du pain, avait lavé et habillé les enfants.

Asmâ raconta : "Lorsque le Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — s’approcha de chez nous, je vis son noble visage endeuillé par un voile de tristesse. Je devins inquiète . Mais je n’osai pas l’interroger au sujet de Ja`far — que Dieu l’agrée — de peur d’apprendre des nouvelles déplaisantes. Il nous salua et demanda : "Où sont les enfants de Ja`far ?". Je les appelai et ils vinrent l’entourer joyeusement, le sollicitant de toute part. Il se pencha et les enlaça, cependant que des larmes débordaient de ses yeux. "Ô messager d’Allah," demandais-je, "Pourquoi pleures-tu ? As-tu appris quelque chose à propos de Ja`far et ses deux compagnons ?". "Oui," répondit-il. "Ce sont des martyres, à présent". Les sourires et rires s’éffacèrent des visages des petits enfants lorsqu’ils entendirent leur mère pleurer et gémir. Des femmes se rassemblèrent autour d’Asmâ. "Ô Asmâ," dit le Prophète, "Ne dit rien de blâmable et ne frappe pas ta poitrine". Ensuite il pria Allah de protéger la famille de Ja`far — que Dieu l’agrée — et de lui accorder la subsistance, et leur assura qu’il avait atteint le Paradis. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — quitta la maison d’Asmâ et se rendit chez sa fille Fâtimah — que Dieu l’agrée — qui pleurait également. Il lui dit : "Pour ce qui est de Ja`far — que Dieu l’agrée —, tu peux pleurer jusqu’à la mort. Prépare donc à manger pour sa famille, car aujourd’hui ils sont accablés par le chagrin".





Dernière édition par Zen le 6/29/2008, 02:13, édité 3 fois
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Aminata
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MessageSujet: Re: Ces hommes et ces femmes autour de l'envoyé de Dieu   6/28/2008, 15:18

salamou'aleykoum

Zen (mon frère ou ma soeur ?????) , merci pour les interventions mais j'ai du mal à te lire avec la couleur bleue (car la couleur du fond d'écran est bleu); j'ai vraiment envie de lire les histoires que tu nous racontes au sujets des compagnons; Je te remercie d'avance

Ta soeur Aminata

salam
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Zen
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MessageSujet: Re: Ces hommes et ces femmes autour de l'envoyé de Dieu   6/29/2008, 08:43



Ma chère soeur aminata

bienvenue a toi ,parmi nous au sein de ce forum ,qui je l'espère nous rapportera a tous et a toutes

J'ai changer la couleur des caractères et il est vrai que c'est plus lisible

N'hésite pas a nous faire de tes remarques pour l'amélioration de ce forum

Sinon je suis un frère

A tres bientot

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JASMINE
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MessageSujet: Re: Ces hommes et ces femmes autour de l'envoyé de Dieu   6/29/2008, 11:30





SALAM ALEYKOUM


Ma chère soeur Alexia,

Je crois, si tu le permets, qu'il serait bien de déplacer ton post dans les citations "paroles de sages ou de saint".


Ta soeur Jasmine
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MessageSujet: Re: Ces hommes et ces femmes autour de l'envoyé de Dieu   

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